L'oiseau Blanc Depuis trois ans ayant fait le projet D'traverser l’Atlantique, Nos aviateurs, confiants dans le progrès, Ont quitté Le Bourget. Profitant d'un dimanche de printemps, Dans l'espace ils s'élancent, Tous deux montés sur leur grand Oiseau Blanc Pour vaincre l'Océan. Ils sont partis tous les deux À travers les cieux, Le sourire aux lèvres, Sans crainte de l'ouragan, Ni du mauvais temps Qu'la Grande Bleue soulève ; Et dans l'espoir d'arriver, Ils se sont envolés, D'un geste suprême Bravant la mort, les dangers Qui les guettent. Voici des jours que nos gars sont partis De la Ville Lumière. Sont-ils vivants ou peut-être engloutis Dans l'Océan maudit ? De toutes parts, on attend, angoissé, Un' petite nouvelle... Qui dira que nos gars sont arrivés, Qu'on les a retrouvés. Combien d'efforts sont ainsi dépensés Pour retrouver les nôtres ? Combien de jours et de nuits angoissés, Dans tout le monde entier. En attendant, toute seule à Paris, Rest' une pauvre mère Qui n'oublie pas que sont cher petit En partant, lui promit : Je pars sur mon Oiseau Blanc T'inquèt' pas , maman, Je reviendrai vite, Car c'est pour notre industrie Que j' vol' de Paris Vers la grand' Amérique. Faut pas te désespérer, Rien ne peut m'arriver Au d'là des frontières ; J'emporte en moi les baisers De ma mère...